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Article: Comment aborder la maladie grave et la mort d’un proche avec nos enfants ?

 

Lorsqu’un membre, ou un proche de la famille est hospitalisé en soins palliatifs ou disparaît de façon brutale, nous en tant que parents nous nous retrouvons parfois démunis face à notre (nos) enfant(s).

Notre réflexe premier et naturel est de vouloir le protéger au maximum, de vouloir le mettre à l’écart de tout affect douloureux en choisissant de passer sous silence ce qui peut faire mal.

Mais finalement, le protéger de quoi ? Pouvons nous le protéger de notre propre douleur ? Et qu’en est-il lorsque l’enfant nous tient à l’écart de la sienne ?

La verbalisation et l’accueil de nos propres émotions, le parler vrai et simple reste finalement, peut être, la meilleure option.

Alors pourquoi est-ce si difficile ?

Voici quelques conseils pour accompagner votre enfant dans ces moments douloureux.

 

Comment aborder le sujet de la maladie d’un proche ?

Même si la mort fait partie de la vie (comme on dit) on n’est jamais préparé. Ni à la maladie d’ailleurs....

Il est donc possible le moment venu que notre propre douleur l’emporte sur le « il faut le dire aux enfants ». La première étape reste d’accepter d’être triste, d’avoir mal et d’être maladroit. Surtout pas de culpabilité.

Si vous êtes trop bouleversé n’hésitez pas à vous aider d’une personne en qui votre enfant a confiance. Mais tôt ou tard vous devrez discuter avec lui.

 

Quand vous vous adresserez à votre l’enfant, l’important est de prendre le temps, d’être vraiment disponible et à l’écoute. Votre enfant n’aura peut-être pas de question à ce moment précis, offrez lui la possibilité de revenir vers vous quand il souhaitera en parler ou vous poser des questions.

Il faut, dans la mesure du possible, éviter de rompre le lien après cette discussion : avant la sieste, le coucher, le départ à l’école...

Utilisez un langage simple et faites bien la différence entre la maladie et un simple rhume et ce, afin d’éviter tout transfert lorsque votre enfant ou un autre membre de la famille sera malade.

Cependant, il n’est pas nécessaire d’être en boucle sur le sujet surtout si vous n’avez aucune question. Laissez la porte ouverte et passez à autre chose en famille.

Si votre proche est en soins palliatifs, (hôpital, maison médicalisée)  et si celle-ci est possible (pas évident en période COVID), il faut préparer votre visite.

Laissez le choix à votre enfant de venir ou non. Souvent ce sont nos propres angoisses qui parlent. On se dit que c’est mieux, et qu’il faut le protéger. Parlez-en franchement et demandez lui.  

S’il accepte de venir, bien le préparer à ce qu’il va voir. Pensez aux détails : le nom de l’équipe médicale, les infirmiers, le matériel, la chambre... Proposez lui de préparer un dessin, une surprise, un cadeau pour le proche. 

A la suite de cette première visite, il est essentiel de débriefer celle-ci pour ajuster sa compréhension et ouvrir si il souhaite poser des questions.

En revanche, s’il ne veut pas venir, ne pas le brusquer, essayer comprendre si c’est une « peur » (du lieu, de ce qu’il va voir, d’avoir mal...) et aidez le à verbaliser.

Cette phase d’accompagnement face à la maladie est une sorte de « préliminaires » avant l’étape suivante : le décès.

Cependant, vous pouvez faire le choix de ne pas en parler à votre enfant. C’est votre choix il vous appartient, il ne doit pas être jugé. 

Restez attentif à tous changements de comportement qui pourraient montrer des signes de troubles chez votre enfant : régression, troubles de l’attention, perturbation de son sommeil... Surtout ne pas hésiter à en parler avec lui.

Comment aborder la mort d’un proche ?

Face à une mort brutale, nous sommes comme frappés de plein fouet par une souffrance  intense voir sidérante..... Souvent dans notre société et chez certaines familles, la mort reste un sujet tabou. C’est donc d’autant plus douloureux car elle n’est pas abordée comme une étape naturelle de la vie. 

 

Comment annoncer la mort d’un proche ?

Là encore, prenez du temps avec votre enfant et évitez les ruptures.

L’important ici, quel que soit son âge, est de ne pas être tenu à l’écart. 

Même pour les touts petits, sinon ils ne comprennent pas ce qui se joue émotionnellement chez leurs parents et cela peut être source d’angoisse sans qu’ils puissent se l’expliquer.

Utilisez un langage simple et employez les mots exacts car les mots comme « endormie », « partie » peuvent également être source de stress et associés à son propre sommeil ou votre prochaine séparation.

Surtout, ne cachez pas vos émotions, verbalisez les. Cela envoie un message fort à votre enfant : on a le droit d’être triste, en colère... . On ne se cache pas, on en parle. Cela va vous aider à mieux vivre ce deuil et vous faites un cadeau à votre enfant : vous lui montrez que vous acceptez vos émotions et que vous avez le droit de les éprouver. Il comprendra votre peine et cela pourra l’aider à partager la sienne comme vous partagez la votre.

 

Comment dire adieu au défunt ?

Toujours dans cet instinct de protection, on ne veut pas que nos enfants gardent cette dernière image ; pourtant là encore ne perdez pas de vue l’importance du choix. 

Lui permettre d’avoir la possibilité de dire au revoir, de partager ou non « l’épreuve de la cérémonie », et ne pas se sentir exclu de cet hommage qui reste un rite de passage de la vie à la mort.

En revanche s’il ne souhaite pas y participer ; il faut accepter sa décision et ne pas le lui reprocher.

Cela dépendra également de l’âge de votre enfant, il n’est peut être pas encore capable de verbaliser ou simplement de comprendre ce qu’il veut.

Si vous le trouvez trop jeune ou ne souhaitez pas lui laisser le choix, encore une fois, cela reste votre décision et ne culpabilisez pas. 

Comment aborder les étapes du deuil ?

Dans le fond, on en connaît tous les grandes lignes. Mais parfois elles s’expriment de façon différente et elles ne se vivent pas dans le même ordre ni avec la même intensité.

C’est pourquoi, il est intéressant de bien les connaître, pour pouvoir les identifier et agir en conséquence.

En effet, notre parcours de deuil est différent de celui de notre compagnon, de notre (nos) enfant(s)…  et pour ne pas abîmer la relation connaître son registre émotionnel et celui de son « interlocuteur » permet d’éviter des incompréhensions et même des douleurs supplémentaires.

Le deuil reste un parcours vers une reconstruction émotionnelle avec l’absence.

La psychiatre suisse Elisabeth Kübler-Ross a élaboré dans les années 60 la théorie des 5 étapes du deuil.

 

  1. Le déni (denial) « Ce n'est pas possible, ils ont dû se tromper. »

Souvent la première phase est le choc émotionnel lié à la confrontation de la mort qui nous laisse comme en état de sidération. Cette perte brutale de l’être aimé peut nous laisser parfois sans émotion apparente comme anesthésier. 

Puis survient le déni. Réaction défensive à une douleur insurmontable (mais souvent de courte durée), un refus à des faits impossibles à intégrer. Assimilé à un mauvais rêve, un cauchemar, on nie l’information.

Cette étape se doit être rapide car la compréhension de la perte de la personne aimée est un passage obligatoire dans notre reconstruction.

 

  1. La colère (anger) « Pourquoi? Ce n'est pas juste ! »

Pourquoi la colère ? Car la perte de l’être aimé est vécue comme une injustice. Pourquoi lui ? Pourquoi nous ? Pourquoi notre famille ? ….

La colère est mêlée avec un sentiment d’abandon et de culpabilité. Cette étape est parfois d’autant plus douloureuse car nous sommes en colère contre le monde entier, à la recherche d’un responsable. Nous en voulons aux autres. Survient une forte culpabilité, le fait d’être dur, agressif...  souvent avec le reste de la famille. 

Cette phase peut durer plus ou moins longtemps mais reste nécessaire à l’acceptation.

 

  1. Le marchandage (bargaining) « Laissez-le vivre pour voir mes enfants être diplômés, se marier… »

Frustré, nous tentons de façon irrationnelle de « marchander » le retour du proche disparu. Durant cette troisième étape, nous essayons d'imaginer ce que nous pourrions faire pour faire revenir le défunt dans la famille. On s'interroge aussi sur notre propre culpabilité dans la mort du proche : "Et si j'avais été là ?" "Et si j'avais fait cela pour l'aider ?". Nous projetons mentalement les différents scénarios qui auraient pu empêcher l'issue fatale. 

Cette étape peut être très rapide.

  1. La dépression (depression) « Je suis si triste, je ne veux / peux m’occuper de rien»

Nous sommes dans la phase d’intégration que la personne est partie. 

C’est une phase particulièrement douloureuse. « Pourquoi le monde continue de tourner pour tous les autres alors que le mien s’est arrêté ».

Cela peut aussi se traduire par le fait que nous nous sentons moins entouré moins soutenu.  Un état psychologique dépressif s’installe progressivement, nous broyons du noir et surtout on se sent très seul. Seul avec notre blessure.

Parfois l’idéalisation de la personne perdue isole davantage. Cette souffrance émotionnelle peut durer plusieurs mois voir des années. 

Vous l’aurez compris, c’est l’étape la plus difficile mais nécessaire car elle précède la phase d’acceptation donc de reconstruction.

  1. L’acceptation (acceptance) « Ça va aller ».

L’acceptation n’est pas synonyme de délivrance. On accepte juste de vivre avec l’absence, on accepte de vivre avec la tristesse qui peut surgir à n’importe quel moment. Mais cela s’atténue avec le temps... comme on dit.Mais elle ne nous quitte jamais.

 

Comprendre notre état émotionnel et dans quelle étape se situe notre douleur face au deuil est important car cela peut nous permettre de relativiser certains comportements, les nôtres ou ceux impactés par le deuil.

Il en va de même pour votre enfant.

Ecouté et porté par votre écoute, vos échanges, votre sincérité, votre enfant peut alors traverser les épreuves avec confiance, et ce quel que soit son âge. Etre attentif à ce qu’il ressent, ce qu’il dit, l’informer, le rassurer c’est l’aider à construire l’adulte qu’il sera demain.


Vous avez trouvé, soit dans vos propres ressources personnelles, soit grâce à un accompagnement la force de sortir de votre isolement et de vivre avec l’absence et la douleur. Elle n’a pas disparue, elle vous suivra tout au long de votre vie, mais elle sera moins violente. Cela passe parfois par l’investissement dans de nouveaux projets, de nouvelles activités… comme une nouvelle page à écrire.

 

Caroline _poupées_gigognes pour Maison GLEEBABY

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