Sabrina, JP & Gabriella, un trio réuni grâce à la PMA.

Découvrez comment la PME a permis à Sabrina et JP t’agrandir leur famille avec l’arrivée de Gabriella. Un parcours semé d’embuches, durant lequel il a fallut s’armer de patience. On vous souhaite le meilleur, merci pour ce partage Sabrina.

Belle lecture à tous ! 

 » Bonjour, je m’appelle Sabrina, j’ai 32 ans et je suis l’heureuse maman de Gabriella, une petite merveille qui a vu le jour grâce à la PMA ! 

Il y a tout juste 1 mois, je donnais naissance à notre petite puce et depuis, avec son papa, JP, nous nageons en plein bonheur. Nous n’oublions pas pour autant le difficile chemin qui nous a mené jusqu’ici, que je souhaite aujourd’hui partager avec vous. 

C’est tout début 2017 que nous nous sommes lancés dans l’aventure des essais bébés. 

Je ne m’attendais pas à ce que ça marche du premier coup, bien au contraire j’avais peur que ça prenne du temps mais j’ai toujours su que ça finirait par fonctionner. Cette crainte se justifiait par le fait que j’ai vu ma propre mère galérer pendant des années pour avoir son petit 2ème, qui est finalement arrivé 18 ans après moi… De plus, de mon côté je n’avais jamais eu de cycles réguliers, durant mon adolescence ils se sont peu à peu espacés jusqu’à quasiment disparaître. J’ai donc été mise sous pilule très tôt pour masquer le problème sans en chercher les causes. Vers mes 20 ans lors d’un RDV gynécologique de routine durant lequel j’avais fait part de mes inquiétudes, le gynécologue me fit une échographie pour vérifier l’état de mes ovaires. Le diagnostic tombe : j’ai les ovaires polykystiques, ce qui est confirmé par un bilan hormonal. Il me rassure en me disant que ça peut effectivement contribuer à une infertilité mais que ce n’est pas systématique, que beaucoup de femmes réussissent à tomber enceinte, même si cela prend souvent plus de temps. Sachant que faire un bébé n’était pas à l’ordre du jour et qu’il n’existe aucun traitement, j’ai dû me résoudre à prendre mon mal en patience en attendant le moment venu, c’est-à dire l’année 2017, qui fut aussi celle de la demande en mariage.

J’ai été agréablement surprise de voir qu’à l’arrêt de la pilule mes cycles étaient réguliers même s’ils étaient un peu longs. Je me surprenais même à me dire que finalement ça pourrait peut-être marcher de façon naturelle… Mais les mois passent et rien. Nous faisons donc la panoplie de tests d’infertilité : bilans hormonal, hystérosalpingographie, test de Hühner, échographie des testicules, spermogramme, etc. Résultat : syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) confirmé de nouveau pour moi, varicocèle et oligoasthénospermie pour JP. 

Malgré ces résultats je voulais tellement croire que finalement on allait quand même y arriver naturellement que j’ai fait une grossesse nerveuse. C’est l’inverse d’un déni de grossesse : j’étais persuadée être enceinte alors que je ne l’étais pas. Pourtant mes règles n’arrivaient pas et mon ventre me tiraillait… J’ai dû faire 4 tests de grossesse et une prise de sang pour me rendre à l’évidence… De son côté JP a réussi à programmer une opération de la varicocèle pour début janvier 2018, dans une clinique (pas de prise en charge financière, c’est le prix à payer quand on ne veut pas perdre trop de temps !). Suite à cela, nous avons pu commencer un premier traitement pour réaliser une insémination artificielle. La stimulation s’est faite sous Clomid et Duphaston donc sans injections, juste par voie orale. J’ai bien répondu au traitement et on a pu programmer l’insémination avec sperme du conjoint (IAC) tout début février 2018. Une dizaine de jours plus tard je faisais une prise de sang sans grande conviction pour mesurer le taux de beta HCG. Les résultats tombent rapidement et étaient positifs, je suis donc enceinte ! J’ai du mal à réaliser car je me disais que ce n’était pas possible que ça marche du premier coup, c’était trop simple… Je garde cette bonne nouvelle pour faire la surprise au futur papa lorsqu’il rentrera du travail. Pleins d’enthousiasme nous commençons à nous projeter. Nos week-ends sont bien chargés car nous nous marions au mois de mai, mais nous nous organisons pour descendre un week-end dans le sud de la France et nous profitons de l’anniversaire des 50 ans de ma mère pour annoncer la grossesse à la famille proche. Pour les amis, nous prévoyons de faire l’annonce à l’occasion de notre mariage (émotions garanties !).  Avant l’annonce à la famille, je suis quand même prise d’une angoisse, est-ce qu’on ne se précipite pas trop, sachant notamment que la première échographie (à 6 semaines de grossesse) aura lieu juste après. Je refais même un test de grossesse qui s’est avéré positif mais ne m’a pas vraiment rassuré pour autant. Nous nous rendons donc à la première échographie en temps voulu. Le gynécologue reste silencieux et je comprends que ce n’est pas bon signe. L’embryon devrait être d’avantage visible et on devrait pouvoir entendre son cœur… Il est peut-être un peu trop tôt, nous allons refaire un contrôle dans 4 jours et vérifier l’évolution des béta HCG avec les prises de sang. Les taux augmentent bien mais à l’échographie, le petit point n’a pas grossi et nous n’entendons toujours pas le cœur… On commence à nous parler d’œuf clair et du fait que nous avons 2 options attendre que la fausse couche se produise naturellement ou la provoquer. Au fond je gardais un peu d’espoirs et nous prenons RDV pour un nouveau contrôle la semaine suivante. Si rien ne s’est passé d’ici là il faudra soit provoquer la fausse couche par médicament, soit par « curetage » sous anesthésie générale. Nous avons dû nous résoudre à réaliser ce fameux curetage. Il faudra ensuite laisser le corps se remettre de cette épreuve. 

Voulant faire une nouvelle tentative rapidement pour clore définitivement cet épisode, nous repartons sur un nouveau traitement pour une nouvelle insémination fin avril 2018. Le Clomid est en rupture de stock, nous avons fait je ne sais combien de pharmacies parisiennes avant de se résoudre à utiliser le Gonal-f, qui sont des injections quotidiennes sous cutanée. C’est JP qui, à partir de ce moment-là, se transforma en infirmier à domicile et fit quasiment toutes les injections qui vont suivre (on ne le savait pas encore mais elles seront nombreuses). 

Lorsque j’arrive pour l’échographie du 12ème jour avec les résultats de mon bilan hormonal, le gynéco refuse de poursuivre l’insémination artificielle, car il y a 4 ovules, donc potentiellement des quadruplés et il ne veut pas prendre ce risque. C’est donc un nouvel échec. On se marie, puis on reprend la stimulation ovarienne pour une insémination en juin. Cette fois-ci c’est le bilan hormonal qui montre une ovulation précoce. L’insémination est donc à nouveau annulée. En juillet, nous réussissons à aller jusqu’au bout de l’insémination, mais avec peu d’espoirs car j’ai développé une grosse infection la veille… Au mois d’août on ne fait pas de bébé PMA, les laboratoires étant fermés, donc on programme de passer à la vitesse supérieure en septembre avec une FIV cette fois-ci.

Durant nos vacances, j’ai de vives douleurs aux ovaires, je vais dès que possible voir le gynécologue qui me fait une échographie pelvienne et m’annonce que j’ai 3 gros kystes aux ovaires. Il me donne un traitement (encore des injections à faire dans le bidon) mais a peu d’espoir sur le fait qu’ils se soient résorbés pour la FIV. 

Effectivement, la FIV n’aura pas lieu en septembre. Je suis dépitée par tous ces échecs, la 1ère insémination avait pourtant été prometteuse, puis tout s’est mal goupillé, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas et qui mettait en péril nos tentatives, c’est tellement frustrant ! Nous n’avons cependant pas d’autre choix que d’accepter et de continuer à avancer. Nous partons 3 semaines en Polynésie pour notre voyage de noces. Comme je suis toujours idéaliste, j’espère que ça marchera naturellement à l’autre bout du monde, ce serait tellement une belle histoire à raconter à notre bébé. Mais non, rien, mis à part un nouveau retard de règles qui finalement tombe bien car nous avons pu commencer un nouveau traitement pour une FIV dès notre retour. Nous découvrons que la FIV c’est encore bien plus contraignant que l’insémination, le protocole est complexe, il ne faut pas se tromper ni dans les produits à injecter, ni dans les doses qui varient au cours du temps selon les résultats des échographies et des prises de sang qui se succèdent tous les 2 à 4 jours. Et puis vient le moment où l’on nous dit : ok pour le déclenchement : injection d’Ovitrell à minuit (il faut aussi respecter les horaires) et nous ferons la ponction le surlendemain. Donc RDV à la clinique le lundi matin après avoir prévenu mon employeur que je ne pourrais venir travailler. On me prépare pour l’anesthésie générale pendant que Monsieur s’occupe de recueillir la précieuse semence. Je me réveille quelques heures plus tard, j’apprends que l’on a prélevé 7 ovocytes. On me dit que c’est super, moi je suis un peu déçue car j’espérais qu’il y en ait davantage. Nous pouvons rentrer chez nous dans l’après-midi et nous n’avons plus qu’à attendre des nouvelles de la clinique qui doit nous indiquer combien d’embryons nous avons. Le lendemain, nous apprenons que nous avons 5 embryons. Je suis plutôt contente et me dis qu’il en suffit d’un. Les 5 jours qui suivent, nous attendons des nouvelles pour savoir si les embryons continuent à bien se développer et si nous pourrons avoir un transfert d’embryons. Finalement, l’un de nos embryons ne survit pas à la congélation ou plutôt la cryoconservation, et un embryon m’est transféré. Si cet embryon ne s’accroche pas, il nous restera donc 3 embryons pour faire ce que l’on appelle des transferts d’embryons congelés (TEC). 

Le transfert de cet embryons frais fut un échec. Le premier transfert d’embryon congelé fut une réussite de courte durée : mon taux de béta HCG était positif mais l’évolution doit être suivie toutes les 48H et au contrôle suivant il était négatif. C’était le 31 décembre 2018 (moral à zéro pour fêter le réveillon). Nous repartons sur un nouveau TEC en janvier 2019. Là aussi le résultat était positif, mais nous ne pouvions vraiment nous réjouir de peur de connaître une nouvelle fausse couche. Je dois faire des prises de sang tous les 2 jours pour suivre l’évolution du taux de béta HCG. Pendant une semaine ils évoluent correctement puis petit à petit je me rends compte que l’évolution est trop lente, je perds aussi un peu de sang et ne me fait donc pas d’illusion sur l’issue. Je suis mise au repos en attendant l’échographie des 6 semaines de grossesse. A nouveau nous nous retrouvons fasse à un œuf clair. La fausse couche arrive naturellement (au moins je n’aurais pas à repasser sur le billard). Il ne nous reste plus qu’un embryon congelé. Nous faisons le transfert en mars 2019, le résultat est négatif. 

C’est décidé on repart sur de nouvelles bases avec une nouvelle FIV en mai 2019, cette fois ce sera la bonne, nous en sommes persuadés. Je commence la stimulation ovarienne avec les injections mais lorsque nous nous rendons à notre premier RDV pour l’échographie, nous recevons en même temps les résultats du spermogramme qui a dû être renouvelé. Les résultats se sont dégradés, notamment le taux de fragmentation. Le gynéco souhaite annuler la FIV tant que les résultats ne se sont pas améliorés. On part sur 3 mois de traitement, puis on se revoit fin août pour reprogrammer cette 2ème FIV si le spermogramme est meilleur. Cette attente fut interminable mais nous n’avions d’autre choix que de prendre notre mal en patience. En septembre, nous reprenons le protocole pour stimuler mes ovaires, en même temps on nous donne RDV chez un biologiste (apparemment on aurait dû le faire dès la 1ere FIV mais il y a eu un loupé). 

Nous réalisons de nouveaux examens génétiques. Puis les résultats tombent : nous avons tous les 2 une mutation du gène MTHFR, la FIV est annulée, nous devons suivre un traitement pendant au moins 2 mois. Que de perte de temps, quelle nouvelle déception. La colère et le sentiment d’injustice sont plus que jamais présents ! Après cette nouvelle attente difficile, nous re-programmons une FIV pour fin novembre 2019. Tout semble bien se passer, nous nous disons que cette fois c’est la bonne, ce n’est pas possible d’avoir une 3ème annulation de la FIV. Et pourtant… Juste avant d’induire l’ovulation, mon bilan hormonal indique qu’il y a eu une ovulation précoce. Soit on fait la FIV mais on risque d’avoir une ponction blanche (sans ovocytes), soit on la reporte de nouveau. Nous optons pour cette dernière solution. Cette décision est sage mais a été difficile à prendre aux vues des circonstances. Après toutes ces stimulations des ovaires pour rien, le gynécologue décide de mettre mes ovaires au repos, c’est-à-dire en ménopause artificielle pour le mois de décembre, ainsi nous pourrons (normalement) reprendre une FIV dès début 2020. Le mois de décembre a été très dur, insomnies, fatigue, moral au plus bas, et les fêtes de fin d’année n’ont pas aidé. J’avais tellement hâte de quitter 2019 et tout recommencer en 2020. 

On commence le protocole de la FIV 2, le 1er janvier 2020. Durant ce protocole on se trompe dans les dosages alors que ça ne nous était jamais arrivé. Les résultats des analyses hormonales ne sont pas cohérents avec ce que l’on voit aux échographies, nous galérons avec l’assurance maladie pour le renouvellement de la prise en charge à 100%, je fais une hyperstimulation qui suggère que si la FIV se fait bien il n’y aura pas de transfert d’embryons frais (ils devront tous être congelés et transférés sur les cycles suivants). 

Bref, du coup je suis morte de peur que la FIV soit encore reportée, je ne le supporterais pas, je n’ai plus le courage… Finalement malgré tous ces aléas, on va jusqu’au bout. Contrairement à toutes attentes on me ponctionne 19 ovocytes, 15 sont fécondés, 8 embryons sont congelés et 1 m’est finalement transféré. Bien sûr je suis heureuse de ce résultat, je commençais vraiment à croire qu’un mauvais sort s’était acharné sur nous. Déjà très contente d’avoir pu faire la FIV et d’avoir plein d’embryons, je n’imagine pas que ce transfert soit le bon (il ne faut quand même pas en demander trop, hein !). Quand on est en PMA on doit attendre le moment indiqué par les professionnels pour faire une prise de sang qui nous confirme ou pas la grossesse car c’est beaucoup plus fiable que les tests du commerce. Mais cette fois-ci j’ai craqué, j’ai fait le test et il était positif à ma grande surprise 

Bon, JP et moi on ne s’emballe pas, on sait très bien ce qui peut arriver malheureusement. La prise de sang le lendemain confirme la grossesse mais on a toujours du mal à se réjouir. Je fais des prises de sang tous les 2 jours et fait mes calculs. Tout va bien, les taux évoluent correctement cette fois-ci. Nous arrivons à la première échographie à 6 semaines de grossesse. Cette fameuse échographie où à chaque fois nous avons vu non pas un petit embryon, comme on pourrait s’y attendre, mais un œuf clair, un sac tristement vide. Mais cette fois-ci nous l’avons vu notre petit embryon, et nous avons entendu son petit cœur (et ce sont les nôtres qui se sont emballés). 

A ce moment-là ce fut un énorme soulagement, même si jusqu’à la fin du 3ème mois de grossesse nous restions hyper prudents. Malgré cela, les nausées des premiers mois et le confinement, j’ai vécu une grossesse et un accouchement idéal. 

Chaque parcours PMA est différent mais je crois que tous sont marqués par des déceptions, une attente qui nous semble interminable, un sentiment d’incompréhension et d’injustice. Si vous êtes une battante PMA, accrochez-vous et surtout ne perdez jamais espoir, le bout du tunnel en vaut vraiment la peine ! »

Lexique : 

Varicocèle : Une varicocèle est une pathologie bénigne qui touche les veines des testicules

PMA : Procréation Médicalement Assistée

FIV : Fécondation In Vitro

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