A la rencontre de Vinciane, psychomotricienne et aidante autour du handicap.

Vous le savez, ce mois-ci nous parlons parentalité et handicap. Nous avons eu des retours poignants et touchants de parents d’enfants porteurs de handicap. #Unenouvellefoismerci Nous souhaitions vous partager le retour de Vinciane, alliée des familles touchées par le handicap, de part son métier : psychomotricienne. Découvrez son témoignage.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Vinciane, j’ai 37 ans et je suis psychomotricienne depuis 12 ans. Après une licence en psychologie, j’ai ressenti le besoin de m’orienter vers une formation plus concrète, plus proche du corps. La psychomotricité, que je ne connaissais pas du tout s’est alors présentée comme une évidence. J’ai fait ma formation à l’école de Psychomotricité de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Après différents postes avec une population adulte, j’ai pu commencer à travailler avec les enfants au sein d’un Centre Ressources Autisme (CRA), qui contribue au dépistage des enfants porteurs de Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) et, en parallèle, j’ai débuté une activité libérale. Aujourd’hui, j’exerce au sein de deux services spécialisés en Intervention Précoce pour les enfants TSA ou avec une suspicion de TSA.

En tant que professionnelle quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien ?

Au CRA, comme en libéral, je me suis retrouvée confrontée à des parents inquiets, demandeurs de conseils et avec un besoin d’être rassurés. 

AU CRA, les familles ont parfois un parcours déjà long pour essayer de comprendre les difficultés et troubles de leur petit et le service arrive comme le moyen d’avoir enfin des réponses, une confirmation des doutes posés par les précédents intervenants, mais aussi la possibilité d’avoir une reconnaissance du handicap, des difficultés, et d’être mieux accompagnés.

Au cabinet, j’étais souvent en première ligne, premier interlocuteur spécialisé après le médecin traitant qui avait orienté vers un psychomotricien pour mieux comprendre le développement de l’enfant. Et en tant que professionnel libéral, on est souvent seul, sans équipe pluridisciplinaire pour être soutenue. Il faut donc constituer son équipe de partenaires ressources pour aider au mieux ces familles (psychologue, assistante sociale, orthophoniste, kiné pédiatrique…)

Comment se passent tes séances / suivis ?

Tout accompagnement en psychomotricité débute par un bilan psychomoteur : c’est une évaluation complète du développement psychomoteur de l’enfant en fonction de son âge. Nous avons en effet des repères chronologiques des acquisitions psychomotrices des bébés et des enfants et nous les utilisons pour comprendre les difficultés de nos patients. Le but n’est pas de mettre les enfants « dans des cases » comme on me l’a déjà dit, mais bien d’identifier les difficultés, tant sur le plan quantitatif (calcul d’un « âge de développement » par exemple) mais également sur un plan qualitatif : nous nous intéressons à la qualité de l’interaction, à la régulation et à l’adaptation tonique… qui sont autant de marqueurs d’un développement harmonieux chez un enfant. 

Une fois ce bilan réalisé, le psychomotricien rédige un compte rendu à remettre à l’enfant et à ses parents qui résume le bilan et explique les éventuelles difficultés. Nos outils ont beau être chiffrés et normés, j’attache une importance particulière à être compréhensible par tous malgré la technicité de mon travail. En conclusion de ce bilan, je propose un accompagnement thérapeutique avec des objectifs et des moyens adaptés à l’enfant, en fonction des ses difficultés et de ses ressources. Chaque accompagnement est unique ! Je peux également réorienter l’enfant et sa famille vers un autre professionnel quand j’ai besoin de compléter l’évaluation ou quand je manque d’information quant au profil de l’enfant (bilan orthoptique, orthophonique, podologique…)

En psychomotricité, nous avons la chance d’avoir pour premier médiateur le jeu ! nous proposons donc à nos petits patients une rééducation basée sur le jeu, qui est l’activité première et essentielle de l’enfant. Cela peut aller de jeux d’équilibre, de jonglage à des activités plus cognitives pour les plus grands. Chez les petits (moins de 2 ans), on utilise beaucoup le registre « sensori-moteur », basé sur la sensorialité : parce que je vois ce joli ballon rouge, j’ai envie d’aller le prendre pour jouer ! c’est ce qui motive le mouvement, cœur de notre métier.

As-tu eu une expérience plus marquante que d’autres et pourquoi ?

Beaucoup de mes petits patients m’ont marquée et me laissent des souvenirs forts, parfois éprouvant. J’aurais une pensée pour mon premier patient en libéral, Robin, que j’ai accueilli pour la première fois quand il avait 9 mois. C’était un petit garçon très grand pour son âge, très passif, qui ne bougeait pas. Il a donc fallu gérer beaucoup d’émotions à la fois pour moi : l’accompagnement des parents de Robin, dont c’était le premier enfant, et qui étaient très inquiets, et mon stress personnel d’être confrontée pour la première fois à un bébé, avec une problématique particulière et complexe. Outre le suivi en psychomotricité, il m’a fallu également accompagner les parents de Robin dans un long parcours diagnostic, le petit garçon présentant un ensemble de troubles spécifiques sans explications médicales. Robin a finalement fait ses premiers pas vers 26 mois, ce qui est très tard et a continué d’évoluer à son rythme, malgré ses difficultés. L’accompagnement en psychomotricité a permis d’étayer les compétences présentes mais parfois non exploitées spontanément par le petit garçon, et a également été un soutien important pour la famille de Robin.

  Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Outre mon activité professionnelle qui me passionne, je viens de débuter un partenariat en tant que bénévole au sein de l’association Parentescence, basée à Toulouse, afin d’animer des ateliers d’accompagnement à la parentalité dans mon domaine qu’est la psychomotricité ! Premier atelier le 14 novembre sur le thème de la motricité chez le bébé ! Etant maman depuis un an et passionnée par le chemin de la parentalité, je prépare également un blog sur ce thème avec les nombreux et riches partenaires que j’ai la chance de côtoyer.

Quel(s) conseil(s) peux-tu donner aux parents qui vivent avec le handicap de leur enfant ?

Se faire confiance ! Il n’y que vous qui connaissez le mieux vos petits ! Et ne pas hésiter à solliciter les professionnels ressources de votre secteur ! Vous êtes nos premiers partenaires !

Merci Vinciane pour ce partage.

Le mot de Gleebaby : Faites vous confiance les parents ! C’est votre enfant. Vous sentirez au fond de vous ce qui est bon ou l’est moins pour lui. Et pour le reste, il y a les experts. Chez Gleebaby nous nous associons avec des professionnels qui partagent nos valeurs de bienveillance, de respect et de confiance. Nous avons envie de faire bouger les lignes avec vous. Croyez-nous vous pouvez les solliciter, nous les recommandons les yeux fermés !

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